Le plan de continuité d’activité (PCA) fait partie du plan pandémie grippale. En plus de vouloir apporter une sécurité sanitaire aux actifs, il vise à pouvoir maintenir une activité économique essentielle. Rappelons que ces incontournables sont la distribution, les services de santé/sécurité, les banques/assurances, l’énergie et les transports. Pas d’alarmisme cependant : il faudrait passer au niveau d’alerte 6 pour que les pouvoirs publics envisagent de faire tourner le pays à régime réduit.

 Â« Il s’agit d’organiser le maintien de l’activité au niveau le plus élevé et le plus longtemps possible Â» selon un communiqué de la Direction générale du travail.

En attendant une circulation active du virus de la Grippe A, les grandes entreprises de France ont été conseillées d'affiner leur PCA. Depuis la semaine dernière, c’est au tour des PME de recevoir le courrier du Ministère. Puis, viendra le tour des TPE (d'ici le 15 septembre à priori). Il se pourrait bien que d'ici là le passage au niveau 6 du plan de pandémie grippale ait été activé.

Chefs d'entreprise, quelles actions avez-vous mises en places par rapport à la Grippe A ?

Très bien, mais que faire? En tant que patron, vous êtes garant de la sécurité de votre personnel. Il vous revient également de décider ou pas d’imposer le port du masque, ainsi qu’une foule de procédures auxquelles on ne pense pas forcement. Mais le point qui va vraiment changer les choses pour vous, c’est l’absentéisme. Deux scénarii, en fonction du schéma d’action du virus :

« -Un taux moyen d’absentéisme de 25% tout au long de la vague pandémique (8 à 12 semaines)

-  Un taux d’absentéisme de 40% sur les deux semaines de pointe de la vague pandémique. Â»

 

N’oublions pas tout de même que ces chiffres se permettent une marge d’erreur de 50 à 60 pourcents. Mais le problème est mutant, si vous supposez que 40% de vos employés ont une famille basique (un conjoint et un enfant), les chances d’absence au bureau sont multipliées. Ecole fermée, baby-sitter ne répondant plus, il faut s’organiser. Pendant la crise asiatique du SRAS ( syndrome respiratoire aigue sévère) des holdings avaient embauché des gardiennes d’enfants pour travailler au seins de leur locaux. Enfants et parents sur place représentaient un problème de moins.

 

Plus terre-à-terre si vous ne disposez pas de responsable santé, de risk-manager ou si vous ne sous-traitez pas l’hygiène des locaux, il va falloir vous en charger. Vous pouvez proposer à vos salariés de participer à l’élaboration du plan, ou passer par le syndicat. Bien penser son plan de continuité, c’est bien préparer une éventuelle épidémie dans votre masse salariale. Quelques tuyaux sont bons à retenir. Vous ne pouvez pas demander à vos employés de rester chez eux à moins de leur imposer un congé payé. En revanche vous pouvez proposer un congé aux employés qui ne seraient pas indispensables au fonctionnement de l’entreprise. Au-delà de la prévention, si vos effectifs s’amaigrissent, il est possible d’offrir un poste ambivalent à un de vos collaborateurs. Revoir les missions de base d’un poste peut éviter de laisser une place vacante dans l’éventualité d’un décès.

 

Vous pourrez trouver dans les questions réponses des solutions pour votre entreprise et la vie de tous les jours. Le ministère du travail propose les document édités au temps de la grippe aviaire (H5N1), qui retrouve leur pleine utilité aujourd’hui. http://www.travail-solidarite.gouv.fr. Le ministère de la santé offre également un espace personnalisé pour répondre aux doutes de chaque citoyen. Nous rencontrons demain Florian Hamzij, un patron de petite structure tournée vers le web . Il nous expliquera l’opportunité que représente télétravail et visioconférence en temps de pandémie.

 

Pierre Baudis