Le débat s’élève  sur ce sujet entre Jean-Marie Le Guen, et François Fillon. Ce dernier assurait le 24 juillet à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie que «Notre pays est prêt à affronter cette pandémie, quelle que soit son importance. On peut d'ores et déjà, compte tenu de ce qui se passe dans le reste du monde, dire qu'il y aura plusieurs millions de Français qui seront concernés par cette grippe.» Il évoquait aussi «l'épreuve du feu» de médecins traitants, placés au centre du nouveau dispositif. Cependant rassurant sur l’organisation et l’inventaire, il ajoute «Les stocks d'antiviraux sont disponibles, les stocks de masques sont mis en place, les commandes de vaccins ont été effectuées".

M. Le Guen, président du conseil d'administration de l'AP-HP (Assistance publique - hôpitaux de Paris) pense assez différemment que le premier ministre. Il ne mâche pas ses mots. "Contrairement aux affirmations péremptoires du premier ministre sur une protection illusoire de la France contre la grippe A, il reste encore beaucoup d'efforts à faire. Les Français ont le droit d'être informés avec précision et un déficit de confiance et d'information ne peut conduire qu'à une plus grande dissémination du virus et à une profonde désorganisation sociale qui aggraverait les conséquences de l'épidémie". Non-confiant dans le vaccin commandé dans des quantités record en Europe, il continue. "Personne n'est encore sûr du niveau d'efficacité du vaccin et de sa date de disponibilité, c'est pourquoi il faut avant tout expliquer et agir". Remettant en cause l’intégralité du dispositif, il "demande au gouvernement de mettre en œuvre une véritable organisation de santé publique : information, éducation, engagement sur le terrain, repérage et actions auprès des personnes les plus fragiles et les plus exposées".

Nous vous rappelons que vous pouvez consulter le site du ministère de la santé, doté d’une partie dédiée à l’aide et l’information du public, des professionnels de santé et des organisation. Le chef du gouvernement, voulant clouer le bec à la polémique a remarqué à juste titre pour les cynique que « si nous ne faisions pas ça, les mêmes à la même heure diraient qu'on n'a pas pris la mesure de la situation et se retourneraient contre nous.» En somme un principe de précaution justifié, car comme explique Gréogry Hartl, de l’OMS : «plus il y a de cas, plus il y aura de morts», sans pouvoir avancer un taux de mortalité. «Nous n'avons ni le numérateur, ni le dénominateur pour faire le calcul» reconnaissant que «plusieurs questions n'ont toujours pas de réponse».

Pierre Baudis