Grippe A(H1N1), une pandémie ca rassemble, puis ca divise
28 juillet 2009 - 16:03 - aucun commentaire
Les polémiques de santé débutent, depuis la commande de 94 millions de vaccins le 16 juillet dernier, on sens bien que la défense contre la pandémie s’accélérait. Tout le monde semblait d’ailleurs rassuré par cette initiative, même ceux qui doutaient du danger réel du virus. Aujourd’hui le débat sur le bien fondé de ce dispositif. Professionnels de santé et personnalités politiques s’en mêlent. Point sur un débat qui n’a de réfléchit que sa rhétorique.
On sait désormais que cette grippe dit porcine entraine un peu moins de décès que la grippe que nous avons tous attrapé un jour 1 à 4 décès pour 1.000 personnes infectées. C’est sa rapidité qui a inquiété OMS et gouvernements. Ils annonçaient d’une voix qu’il avait fait en six semaine le trajet fait en six mois par d’autres virus. Rappelons que 163 pays de l’oms sont touchés par le virus. Quand au risque encouru, tout les professionnels s’accordent à dire que «Jusqu’a présent, c'est la pandémie la plus bénigne que l'on ait jamais vue L'écrasante majorité des patients se rétablissent généralement, même sans traitement médical, en l'espace d'une semaine » comme le rappelait John Oxford, professeur de virologie à l'université Queen Mary de Londres.
"Les mandarins de l'OMS ont imposé au monde une doctrine hygiéniste. La France n'aurait pas à rougir de rester en retrait". Tels étaient les mots du Pr Debré, membre du comité d’éthique et député UMP de Paris. Ils était interviewé ce weekend par le JDD. Il expose sa théorie. "Cette grippe n'est pas dangereuse. On s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière. Alors maintenant, il faut siffler la fin de la partie ! Oui, cette grippe fuse très vite. Et après? Un malade en contamine deux ou trois, contre un pour une grippe classique. Mais cela reste une grippette, ce n'est ni Ebola, ni Marburg». Les mesures prise lui semble aussi exagérées que le traitement de l’information latente. "sans le dire, les pouvoirs publics ont déjà commencé à réduire la voilure. Les malades, dont on ne vérifie d'ailleurs plus s'ils ont attrapé le H1N1 ou un simple rhume de cerveau, sont désormais invités à prendre du paracétamol. Il y a 800 cas répertoriés en France. C'est une plaisanterie ! Va-t-on se mettre à comptabiliser les diarrhées ?"
La faute à qui ? Il avance deux facteurs. Premièrement L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui a eu une « façon un peu rapide, commencé à gesticuler, avec des communiqués quotidiens et des conférences de presse à répétition ». Ensuite, les gouvernements « n'avaient pas vraiment d'autre choix que de suivre ». D’ailleurs il "reproche d'avoir ensuite succombé à une surmédiatisation politique de cet événement." C’est ensuite fort de ses théories qu’il confond peut-être débat de santé/sécurité nationale avec la réthorique politique. "On aurait dû annoncer clairement la couleur : nous sommes dans le cadre d'un exercice grandeur nature. Point à la ligne. Il est inutile d'affoler les populations sauf à vouloir leur marteler, à des fins politiques, le message suivant : bonnes gens dormez sans crainte, nous veillons sur vous".
Roselyne Bachelot répondait par le biais du Figaro, le lendemain. «La vérité, c’est que nous sommes confrontés à un virus, certes peu sévère pour l’instant, mais doté d’une très forte capacité de contamination liée, en particulier, au fait qu’il touche des populations qui ne l’ont jamais rencontré. Face à cette caractéristique majeure, la vigilance est de règle». Elle souligne aussi le fait que le France semble épargnée pour le moment d’une vague massive de contamination, mais qu’elle pourrait la subir début automne. Des experts de santé, ainsi que François Fillon annonçaient une équation à 20 millions de malades. Possibilité qui «nous mettrait face à un véritable problème de santé publique, même si le virus restait peu virulent» selon notre ministre de la santé.
« Vu le caractère peu virulent du virus, la mobilisation est peut-être excessive. Mais la sensibilité de l'opinion est telle qu'on est plutôt dans la sur-réaction sécuritaire. Du coup, les politiques préfèrent endurer le reproche d'en faire trop", analyse Claude Le Pen, économiste de la santé à l'université Paris-Dauphine, résumant très bien cette situation.
Pierre Baudis






