En Angleterre, îles où deux religions chrétienne cohabitent, les fidèles s’organisent. Plusieurs rituels immuables ont même été destitués. « Suspendre l’usage du calice lors de la communion Â», depuis qu’Henri VIII s’est autoproclamé  Â« chef suprême de l’Eglise et du clergé d’Angleterre Â» en 1531, c’était impensable. En temps de pandémie, les archevêques de Canterbury et de York ont recommandés aux 16 000 paroisses anglaises de s’adapter. Dans une communion anglicane, du vin à boire à même le calice passe de mains en mains et de bouches en bouches en plus de l’hostie. La main tendue, fort symbole chrétien serait aussi à bannir. Quand à lui,  l’évêque de Chelmsford avait même conseillé au diocèse d’Essex d’assécher les bénitiers pour limiter la contamination. L’initiative datant de début juillet avait fait des échos hilares dans les tabloïdes anglais. L’information relève aujourd’hui d’une nouvelle importance puisque 200 000 personnes auraient été infectées par le virus A/H1N1 depuis le début de la pandémie.

Pas le même livre mais la même préoccupation des fidèles. Une fatwa (édit religieux) inhabituelle a été publiée par le chef spirituel libanais chiite, l’ayatollah Mohammed Hussein Fadlallah. Les fidèles « ayant peur de contracter la maladie ou se trouvant dans un état psychologique grave Â» peuvent s’abstenir d’un des 5 piliers de l’Islam, le hajj (pèlerinage à La Mecque). Tout musulman en bonne santé et ayant les moyens devrait l’effectuer au moins une fois dans sa vie. Environ 3 millions de fidèles se rendraient en effet à La Mecque et à Medine chaque année. Les autorités sanitaires saoudiennes et les instances internationales musulmanes ont déjà recommandé qu’enfants, femmes enceintes et personnes affaiblies s’abstiennent du pèlerinage cette année. L’ayatollah libanais a cependant précisé que le pèlerinage en tant que tel ne devrait cependant être globalement annulé sous aucun prétexte car il s’agit d’un « devoir divin Â».