Interrogée par Jean-Michel Apathie, Roselyne Bachelot est tout d'abord revenue sur les 50 millions de doses de vaccins commandées qui ont finalement été résiliées. Elle a notamment fait valoir que celles-ci "n'avaient pas été fabriquées, pas livrées et bien entendu pas payées". De plus, le laboratoire français Sanofi-Pasteur "nous a fait savoir que pour neuf millions de doses, la commande était purement et simplement résiliée sans indemnité. Avec les autres, nous sommes en discussion", a dit la ministre.


Outre Sanofi, les trois autres fournisseurs de la France sont GSK, Novartis et Baxter. ""Nous allons discuter très fermement et nous avons un certain nombre d'arguments à faire valoir", a-t-elle ajouté. GSK s'est d'ailleurs dit prêt à renégocier les contrats d'achat des vaccins contre la grippe A (H1N1).


Roselyne Bachelot estime qu'il n'y a pas eu d'erreurs d'appréciation au début de la pandémie, "simplement, les choses ont changé", a-t-elle nuancé. La gestion d'une grippe est évolutive, et Roselyne Bachelot a voulu faire le point sur "le festival d'inexactitudes et des bêtises", organisés selon elle par l'opposition et certains médecins. La France possède donc 8% du stock mondial de l'antiviral Tamiflu et non un tiers et elle dispose de 3% des vaccins produits dans le monde et non pas 10%, comme certains voulaient le faire croire.


Toujours dans le registre d'une gestion évolutive des événements, Mme Bachelot a annoncé que les médecins généralistes pourront enfin vacciner leurs patients en cabinets. Au démarrage de la campagne, les laboratoires ne livraient que des quantités trop faibles de vaccin pour y associer les médecins. "La donne a changé désormais", a expliqué la ministre de la Santé, qui a précisé qu'ils pourront vacciner dès la semaine prochaine. "Ils seront payés pour cela, c'est en négociation", a-t-elle ajouté. 


On peut pourtant se poser la question de l'utilité de se faire vacciner à l'heure actuelle puisque la pandémie semble passée. Invité du Grand Journal de Canal + hier soir, Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes et grand opposant de la stratégie de vaccination mise au point par le gouvernement, a tout d'abord esquissé un sourire, avant de répondre par la négative.