Les dirigeants du laboratoire Baxter peuvent se frotter les mains : leur nouveau-né, le vaccin antigrippe A (H1N1) baptisé « Celvepan Â», entrera prochainement dans son ultime phase d’essai. Enfants, adultes et personnes âgées testeront le produit pendant le mois d’août pour s’assurer de son innocuité.


Des contrats à honorer

En parallèle, Baxter est entré en discussion avec les autorités sanitaires américaines pour obtenir son précieux sésame : l’AMM. En jeu, la production de millions de vaccins, et à la clé, un marché de plusieurs millions  â€“ milliards ? â€“ de dollars. Le groupe pharmaceutique pourrait ainsi livrer ses premiers lots de Celvepan rapidement â€“ alors que ceux-ci était attendus, au mieux, pour septembre â€“ aux autorités sanitaires des pays avec lesquels il est en contrat.


Validation rapide, mais validation sûre

Douze semaines de développement auront suffi à Baxter pour mettre au point le vaccin. Un record dans le monde pharmaceutique. La menace d’une pandémie, le besoin pressant d’obtenir ces vaccins, ont poussé le labo américain à mettre au point une nouvelle technique de fabrication. En outre, les vaccins mock-up (c'est-à-dire fabriqués à partir d’une souche grippale différente, ici H5N1) lui ont permis d’accélérer le processus de validation clinique, comme l’explique le responsable Recherche & Développement du groupe, Hartmut Ehrlich. « Le vaccin mock-up avait été testé dans 5 centres d’essais cliniques dans le monde sur plus de 1 300 personnes Â».


Il est d’ailleurs appuyé par une note de l’OMS parue hier, à la tonalité rassurante : « les procédures réglementaires mises en place pour l’homologation de ces vaccins, y compris celles pour accélérer les autorisations réglementaires, sont rigoureuses et ne remettent en cause ni leur innocuité, ni les contrôles de qualité Â». En conclusion cependant, l’OMS « conseille à tous les pays qui administreront des vaccins contre la grippe pandémique de surveiller attentivement leur innocuité et leur efficacité Â». Des doutes ?


Julien Kaufmann