La vaccination s'améliore mais plombe le fonctionnement des hôpitaux
7 décembre 2009 - 09:09 - aucun commentaire
L'extension des horaires et l'ouverture de nouveaux centres ont permis d'améliorer les conditions de vaccinations ce week-end. Revers de la médaille, ces mesures risquent de désorganiser les hôpitaux dont le personnel, déjà à flux tendu, est réquisitionné par les centres. "Tout le monde est sur le pont, on a cinq ou six médecins présents, ce n'est pas comme fin novembre, où on a été débordé par les files d'attente", explique Francis Gouriau, chef d'un centre de vaccination du XVe arrondissement de Paris.
Devant les box en
carton où s'affairent les "piqueurs", les familles défilent. Ambiance
feutrée et ordonnée, accueil souriant, beaucoup d'enfants. "Une
heure attente comprise pour vacciner cinq personnes": Anissa et Hakim
Bouzamondo, venus avec leurs trois enfants, sont contents eux aussi. En
Ile-de-France, depuis ce week-end, 166 centres de vaccination sont
ouverts, dont 22 à Paris, qui fonctionneront désormais sept jours sur
sept. A Marseille, deux centres étaient ouverts ce dimanche.
Le
principal hic de cette organisation est qu'elle repose sur la
réquisition de nombreux internes, externes et même infirmiers
hospitaliers ou en formation, et risque d'affecter le fonctionnement de
certains hôpitaux, où ils manquent à leur service. "C'est au
niveau de la mobilisation des personnels qu'il y a problème, quand ils
sont dans des centres de vaccination, ils ne sont pas dans les hôpitaux
pour travailler", a déclaré à l'AFP Christophe Prudhomme, porte-parole
du syndicat des urgentistes (Amuf) et membre de la direction nationale
de la CGT Santé. Pour les hôpitaux, "c'est plus que le bazar, c'est un b.. innommable" a-t-il dénoncé.
Des témoignages recueillis par l'AFP appuient ces craintes.
- Ainsi William Mamane, interne en chirurgie vasculaire à l'Hôpital Saint-Joseph à Paris, a expliqué avoir été contraint d'aller vacciner dans un centre alors qu'il devait opérer d'urgence une ischémie, une artère de la jambe bouchée.
- "On a affecté un chirurgien viscéral pour aider le chirurgien senior pendant cette opération. C'est comme si on envoyait un plombier aider un serrurier. Du coup s'il y a une péritonite ou une appendicite à opérer d'urgence, le chirurgien viscéral est occupé à déboucher une veine dans le service d'à -côté", a souligné l'interne.
- D'autres ont assuré avoir dû abandonner sur le champ leur équipe à l'hôpital pour aller en urgence dans un centre de vaccination, où il y avait suffisamment de médecins, ou bien où les vaccins n'étaient pas arrivés.
- "Nous avons su à 16H30 qu'un collègue devait être à 18 heures au centre de vaccination. J'ai remplacé mon collègue qui devait rester en cas de greffe d'organe d'urgence. En fait, il y avait suffisamment de médecins au centre et nous avons fermé à 20 heures", raconte Mathilde Soule, interne en chiururgie digestive à Rennes.
- "Nous sommes d'accord pour vacciner, mais pas pour désorganiser le fonctionnement des hôpitaux, et faire courir un danger majeur à des patients manifestement malades, pour une vaccination contre un danger bien plus hypothétique", a dénoncé le président du Syndicat des internes des hôpitaux de Paris (SIHP) Benjamin Chousterman, qui demande une limitation des réquisitions à "deux ou trois jours par mois".
La ministre de la
Santé Roselyne Bachelot, a jugé que "ce qui s'est passé à l'hôpital
Saint-Joseph" est "malencontreux" tout en assurant dimanche qu'il
n'était "pas question de désorganiser le système hospitalier".
AFP






