L'administration de Roselyne Bachelot a donc reconnu hier qu'elle essayait bien de revendre une partie de son stock à des pays étrangers. Déjà 300.000 doses ont été vendues au Qatar et "deux millions de doses sont en cours de cession au profit de l'Egypte'" précise un communiqué du ministère de la Santé. "Des contacts sont en cours avec d'autres pays, en particulier l'Ukraine et le Mexique". 


Depuis la mi-novembre, le diplomates en poste à l'étranger seraient chargés d'informer Paris en cas de manque de vaccins dans leur pays, la vente des surplus étant confiée aux ministère des Affaires étrangères et de la Santé, rapportait dimanche, "Le Parisien / Aujourd'hui en France". Le quotidien ajoute que "des négociations ont été rapidement engagées avec le Qatar, l'Egypte, le Mexique, la Bulgarie, la Roumanie et l'Ukraine". Les discussions auraient avorté avec la Roumanie et la Bulgarie, selon une source au ministère de la Santé citée par le journal.

Toujours selon le quotidien, la France propose les vaccins à leur prix d'achat mais est confrontée à la concurrence des autres grands pays désireux d'écouler leurs propres stocks. L'Ukraine aurait ainsi reçu des offres française et allemande. La Suisse et les Pays-Bas ont de leur côté "ouvertement proposé à la revente une partie de leurs stocks", souligne le journal.


Pour sa défense, le ministère de la Santé rappelle qu'au moment de la signature des vaccins, pendant l'été, l'administration de deux doses étaient recommandée pour protéger efficacement. Afin de décider du nombre de vaccins à commander, les autorités sanitaire se sont basées sur cette recommandation et sur "un taux d'attrition de 25%" - autrement dit, elles ont considéré que les 3/4 de la population française (environ 47 millions de personnes) se ferait vacciner.

Depuis l'ouverture des centres de vaccination en France métropolitaine (mi-novembre), 5 millions de vaccins ont été administrés, cela représente environ 8% de la population française.


Pour le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen, membre de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, "la politique vaccinale est malheureusement un fiasco qui a provoqué la désorganisation du système hospitalier et a abouti à ce que nous ayons le plus faible taux de personnes vaccinées des pays développés". Le gouvernement, a ajouté M. Le Guen sur son blog, "vient de prendre une mesure tardive, pour vendre son surplus de vaccin, qui risque de tourner à la braderie". Le député "demande une mission parlementaire pour faire le bilan de ces échecs et tirer des leçons pour le futur.