"Plusieurs arguments sont en faveur d'une résurgence" de cette complication redoutable, le SDRA, avance le Pr Bernard Regnier (réanimation médicale et infectieuse, hôpital Bichat, Paris) dont l'analyse porte sur des données médicales publiées dans le monde (Amérique du Nord, Mexique, Espagne) concernant plus d'un millier de cas.

"Certains réseaux de surveillance ont enregistré 15 à 20 fois plus d'admissions en réanimation pour pneumonie virale A(H1N1) en 2009 qu'au cours des années précédentes (ndrl: comme l'Australie-Nouvelle Zélande), ainsi qu'une augmentation du recours à l'oxygénation extracorporelle (Arec ou Ecmo en Anglais)", note-t-il.

La technique Ecmo, utilisée en chirurgie cardiaque, permet notamment suppléer aux poumons devenus incapables d'assurer l'oxygénation du sang.

Dans le cas du SDRA, "les malades sont différents : ce ne sont pas des sujets âgés". "Ces patients ont un âge médian de 30 à 45 ans, incluant de jeunes enfants, alors que moins de 10% ont plus de 65 ans".

Cette grippe maligne ou SDRA est principalement d'origine virale (H1N1) ou lié à une surinfection des poumons dues à des bactéries, dite "pneumopathie bactérienne secondaire" dans environ 30% des cas, selon le Pr Régnier.

"Comme pour les cas de patients hospitalisés en général, ceux admis en réanimation (10 à 25% des cas hospitalisés) présentent des pathologies ou états physiologiques particuliers associés dans 55 à 90% des cas", note l'auteur en soulignant "la fréquence de la grossesse et de l'obésité".

Toutefois, beaucoup de ces pathologies (asthme etc) dont étaient porteurs les patients avant de contracter la grippe sont "modérées" et "ces SDRA surviennent, comme d'autres pathologies infectieuses fulminantes, chez des sujets jeunes en bonne santé".

"La détresse respiratoire apparaît en 4 jours, est sévère, impose le recours à une ventilation mécanique optimale et a justifié une oxygénation extracorporelle (Ecmo) chez environ 10% de ces malades".

Dans l'ensemble, "la mortalité en réanimation est d'environ 15%, mais de 20 à 25% en cas de SDRA".

Toutefois observe-t-il, "la précocité du traitement antiviral est associée à la survie".