Grippe A(H1N1) : un prof fait déjà l’appel
10 août 2009 - 14:21 - aucun commentaire
Nous avons rencontré un professeur d’anglais parisien. Même en vacances, il se questionne sur le tournant que peut prendre l’épidémie du virus grippal. En tant que professeur principal, il a déjà pris ses première précautions.
« Se préparer avant tout »
«J’ai appelé les collègues qui travaillent en général avec ma classe de 3ème, c’est à peu près le même groupe depuis trois ans, donc ça aide ». La communication avant la sonnerie de la rentrée est nécessaire pour Jean-Paul, jeune enseignant de langue vivante. «Je ne fais pas ça que pour les élèves que nous aurons, je ne les connais pas pour la plupart ! Vous savez, la profession est très sujette aux maladies diverses et variées (…) Par rapport au primaire, on est avantagé, mais en période de gastro on s’amuse à compter qui ne l’a pas ! » C’est donc pour s’organiser une année sans grippe A que l’équipe pédagogique s’est contactée. Des mesures simples pour que les bancs ne désemplissent pas.
«Les jeunes ados sont aveugles à ce qu’ils font subir à leur corps. Se refiler un chewing-gum ou aller tirer sur une clope à cinq bouches différentes, ça ne leur fait pas peur. Alors comment peut-on leur expliquer que la bise est à éviter, ou que cracher par terre est un geste potentiellement dangereux ? Les profs de ma classe seront en tout cas prêts à instaurer des règles simples d’hygiène, comme passer un coup de désinfectant sur le bureau sur lequel ils se sont frottés pendant deux heures. Mais ça peut paraître dérisoire, évidemment »
« En fait, moi j’en ai pas peur »
«J’ai passé trois mois en Asie pour une formation linguistique pendant le délire de la grippe aviaire. Là j’ai eu peur, quand j’ai vu le ratio de morts, surtout dans les conditions sanitaires où j’étais. C’était basique… ». Mais comme il le souligne avec conviction « il vaut mieux prévenir que guérir ». C’est d’ailleurs son seul but. Il travaille avec 4 classes.« Entre 90 et 110 élèves cette année». Autant de bouches qui pourraient lui envoyer le virus au visage, en récitant leurs verbes irréguliers. Sa propre réflexion l’amène à ne faire « ni partie des sceptiques ni des protectionnistes. Mais c’est vrai qu’un peu de doute Kantien chez les sceptiques et vice versa pour les flippés aurait aidé à faire la part des choses ».
« On nous demande tout et son contraire »
C’est le point final que soulève Jean-Paul, qui s’avoue pour l’occasion « philosophe motivé par l’existence ». Il s’adonne à une réflexion très intéressante sur le plan de protection aménagé par le gouvernement. « Il y a quelques mois, on nous disait qu’une institution publique comme l’hôpital était aussi une entreprise, et pas l’école alors ? Comment appliquer dans notre cas les directives données par le ministère du travail ? Vous me voyez faire de la prononciation avec un masque ? C’est sûr, ma femme qui enseigne la physique chimie pourra faire ses cours au labo avec des masques et des lunettes plus tôt !»
Propos recueillis par Pierre Baudis






