« Des dizaines de milliers de cas en Calédonie Â»

C’est ce que prévoit la Dass sur place. Quatre écoles ont été fermées depuis jeudi dernier. Une première à Nouméa, après la découverte de 11 cas de grippe dite porcine ainsi que trois autres après un scenario similaire. Après la réunion de la cellule « opérationnelle économique et sociale Â» la semaine dernière Géraldine Pion journaliste aux Nouvelles Calédoniennes invitait Philippe Dunoyer, responsable de la santé au gouvernement. Rentrée des classes décalée, vie insulaire, qu’est-ce qui change pour les écoles du pacifique ? Extraits de l’interview :  

« Les écoles maternelles et primaires dépendent de la mairie, les collèges et lycées, des provinces. L’Institut national de veille sanitaire (INVS) a adressé ses préconisations pour la Métropole mais elles sont très discutées ici. Nous voulons couper la chaîne de la contagion, sauf qu’en termes d’impact, nous sommes plus touchés qu’en Métropole et l’évolution de la grippe est plus rapide ici. On risque de devoir régulièrement fermer les mêmes écoles et les mêmes classes, cela sans fin. Dès la semaine prochaine, nous nous réunirons pour mesurer ou pas l’efficacité de ces mesures et en envisager d’autres si elles se révèlent négatives, comme cela se fait déjà dans d’autres pays Â»

La Calédonie compte déjà plusieurs morts, entre 8 et 41 ans, ajoutés aux centaines de cas cela a effrayé l’opinion publique. Les médias métropolitains s’accrochent à des visions de population cibles ou à risques , qui encore une fois ne sont pas en phase avec la logique suivie par le virus dans le monde ultramarin. Aujourd’hui déjà , la fermeture des écoles était contestée. Considérée comme n’ayant plus de « pertinence sanitaire Â». Il faudrait en effet fermer les écoles les unes après les autres à chaque découverte de cas groupés. Philippe Dunoyer continue voulant rassurer la population locale.

« Tout d’abord, nous avons le souhait de délivrer un message d’apaisement. Les chefs d’entreprise sont sensibilisés à cette difficulté et ils feront face à la pandémie comme ils l’ont déjà fait auparavant avec d’autres épidémies
de grippe, qui étaient, certes, moins contagieuses. Et éventuellement, si l’absentéisme devait s’accentuer, il faut tout d’abord laisser le temps à la guérison qui reste relativement rapide. Â»

Toutes les structures étant touchées, les parents s’inquiètent aussi pour la vie quotidienne. Pédagogue, le responsable calédonien de la santé précise que tous recevront des informations.

« Nous sommes tombés d’accord sur le fait de préparer un nouveau dépliant qui répète les mesures à prendre avec toutes les recommandations au quotidien comme le nettoyage des poignées de porte, des boutons d’ascenseur, des claviers d’ordinateur, des téléphones. Il s’agit d’initiatives personnelles des employeurs. Ce dépliant sera prêt d’ici une semaine avec la mise en place d’un nouveau numéro vert à la Direction du travail. Il arrivera en complément de celui de la DASS, avec une orientation pour les entreprises et les petits entrepreneurs. Â»

Si le même schéma est suivi par la grippe en nouvelle Calédonie, l’épidémie devrait s’arrêter après avoir touché un tiers de la population, ce qui représenterait 85 000 malades. En se fiant aux taux de mortalité constatés jusqu’à présent, on estime autour de 200 décès les conséquences de la grippe A(H1N1).

Pierre Baudis

Sources : Les nouvelle calédoniennes, interview de Geraldine Pion.