La grippe H1N1 moins meutrière que la grippe saisonnière
16 octobre 2009 - 10:54 - aucun commentaire
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) l'admet : le virus de la grippe A (H1N1) est moins virulent que ce que les épidémiologistes attendaient. Avec environ 0,2 à 0,3 décès pour 1000 cas, son taux de mortalité est inférieure à celui de la grippe saisonnière, qui tue à peu près un patient sur 1000. Selon l'ECDC, la réaction de la communauté internationale a tout de même été la bonne : "nous devons toujours nous préparer au pire scénario possible".
Le A/H1N1 tue moins que le virus habituel de la grippe saisonnière mais la pandémie actuelle effraie car elle touche des enfants et pose de gros problèmes financiers et logistiques aux Etats, explique-t-on au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Il
y a certes des patients qui décèdent du virus A/H1N1, mais "c'est une
très petite proportion des gens atteints", explique le chef de l'unité
Préparation et réponse, Denis Coulombier, dans un entretien à l'AFP au
siège de l'ECDC à Stockholm. "Chaque
année, la grippe tue plusieurs milliers de personnes, mais cette année,
la grippe est pandémique et les gens se rendent compte qu'elle
peut-être fatale", selon cet épidémiologiste de 53 ans.
La
principale différence vient du fait que le virus A/H1N1 touche une
population qui échappe généralement aux complications de la grippe, Ã
savoir les enfants, alors que les personnes plus âgées, qui constituent
les victimes habituelles de la grippe saisonnière, sont cette fois
relativement épargnées.
Cela vient peut-être du fait que le virus
A/H1N1 est une évolution du virus H1N1 à l'origine en 1918 de la
pandémie meurtrière de grippe dite espagnole. "Les gens qui ont
rencontré le H1N1 en ont gardé une trace et ont une certaine immunité"
face au A/H1N1, explique M. Coulombier, tout en soulignant que cette
théorie n'était encore qu'une "hypothèse".
L'ECDC, qui assure une
surveillance planétaire des maladies pour rendre compte de leur
évolution et détecter les épidémies ou pandémies, attend une deuxième
vague de contamination par le virus A/H1N1 "dans les semaines qui
viennent".
Depuis son apparition au printemps, le A/H1N1 a tué au
moins 4.525 personnes dans 191 pays et territoires, selon les derniers
chiffres de l'OMS.
Outre les décès, le traitement des personnes
sévèrement atteintes par le A/H1N1 nécessite un traitement médical très
lourd à supporter pour les économies publiques. "Pour admettre
quelqu'un en soins intensifs, il faut commencer par avoir la place et
le matériel car ce sont des techniques extrêmement lourdes, avec des
respirateurs artificiels et les importantes équipes médicales pour les
faire fonctionner", note le Dr Coulombier. Ainsi, la Suède a récemment "récupéré un cas venant d'Ecosse où il n'y avait plus les moyens de le soigner", souligne-t-il.
"La
bonne nouvelle, avant cette seconde vague, c'est qu'il n'y a pas
d'explosion de cas, que nous ne serons pas pris de vitesse", selon lui.
Alors, avec le recul, peut-on parler d'hystérie collective provoquée par l'apparition de ce virus ? "Nous
avons eu une période d'anxiété car la première phase est allée très
très vite et la situation était peu claire au Mexique", où le virus a
été remarqué pour la première fois, rétorque le Dr Coulombier. "Pendant
quelques jours, nous n'étions pas excessivement clairs nous mêmes sur
la sévérité du virus. Mais très vite, les données sont remontées et
nous nous sommes rendus compte que le virus circulait aux Etats-Unis et
que donc il existait depuis un certain temps", ce qui a donné une
indication rassurante quant à sa sévérité.
Néanmoins, "nous avons
bien fait de nous préparer comme ça, affirme-t-il. Nous devons toujours
nous préparer au +pire scénario plausible+ et tout le travail fait
incluait la possibilité d'une pandémie très sévère. Nous n'avons donc
pas commis d'erreur de préparation et l'évolution (de la pandémie) est
une chance du ciel". La seule erreur qu'il concède, c'est "que
nous étions tournés vers l'Asie" depuis la grippe aviaire et que le
A/H1N1 "est arrivé dans notre dos".
AFP






