De nombreux experts estimaient qu’avec la rentrée scolaire, le nombre de cas de grippe A allait augmenter de façon importante, il semble que l’épidémie, pour l’instant, reste très modérée, voire en phase de stabilisation. L’épidémie annoncée pourrait-elle ne pas avoir lieu ?

Jean-Philippe Derenne : Cette hypothèse ne peut être totalement écartée. Dans l’histoire, il y a eu plusieurs cas de « pseudo-pandémies » qui ne se sont jamais produites, le virus s’étant éteint tout seul. Ce scénario est encore possible mais me semble peu probable pour la raison suivante : aujourd’hui, on constate que ce nouveau virus H1N1 a chassé tous les autres virus grippaux. Sur l’ensemble de la planète, 60 % des grippes sont liées à ce nouveau virus qui semble être bien installé.

Pourquoi est-il si difficile de recenser avec précision le nombre de cas de cette nouvelle grippe ?

Aujourd’hui, ces cas sont estimés, via des extrapolations faites à partir de données issues notamment de deux réseaux, regroupant quelques centaines de généralistes. Ces médecins déclarent les cas de grippe à partir de signes cliniques (fièvre, toux, courbatures, fatigue…) de leurs patients. Mais dans la très grande majorité des cas, ils ne font pas de test virologique permettant de vérifier la présence du virus H1N1.


Or, lorsque ce prélèvement est réalisé, on constate que, parmi ces patients apparemment grippés, seulement 10 % à 20 % sont effectivement porteurs du virus. Les autres sont juste touchés par d’autres virus saisonniers. Quand, il y a trois semaines, on a annoncé le franchissement du seuil épidémique, il est probable, en fait, qu’il ne s’agissait que d’une épidémie de rhinovirus, c’est-à-dire de rhumes…


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