Entre des chiffres officiels pas toujours très récents et des estimations plus pessimistes des journaux locaux, il n'est pas évident de se faire une idée précise de la situation à La Réunion. Une chose est sûre, la grippe A se diffuse rapidement. « Vous savez, nous sommes une île où les virus se propagent à loisir, et avec 800.000 habitants, les infos font vite le tour de l'île. On sait qui est malade ou pas », explique Emma, résidente d'une commune de l'Ouest de l'île.


Des cas de grippe A pas toujours déclarés

Quand une partie de l'opinion avance que les autorités de l'Etat ne communiquent que partiellement des informations sur la pandémie, elle précise : « Ca, je ne peux le confirmer. Mais il suffit d'être sur le terrain, d'écouter les médecins, pour se rendre compte de l'ampleur des choses. En plus les sérologies ne sont pas systématiques (prise de sang permettant la détection d'un virus ndlr) ».


Difficile en effet, sous peine de saturer le système de santé, d'envoyer tout le monde dans un laboratoire d'analyse. La tendance serait plutôt au « système D ». Emma confirme d'ailleurs « quand on juge non-nécessaire de consulter, on ne le fait pas. Enfin ça dépend tout de même de l'expression de la maladie ».


Une crise d'asthme aïgue

« Moi j'ai eu la grippe A », nous précise-t-elle. Elle ne s'est pas rendue à l'hôpital, consultant tout de même une amie médecin. « Je me suis soignée à l'homéopathie et au paracétamol. Ca a durée une grosse semaine, avec de gros maux de tête, de la fièvre. J'ai fait une crise d'asthme aïgue une nuit, alors que je ne suis pas asthmatique habituellement. Ca n'a durée que quelques heures. Le lendemain j'avais les symptômes d'une grippe classique...  ».

Interrogée sur la virulence de la maladie, elle avoue ne pas pouvoir se situer. « Mais si j'avais un terrain pneumo fragilisé, j'aurais été dans de sales draps ! »


Une accalmie avec la fin de l'hiver

Optimiste, Emma nous explique pour conclure : « Vous savez, je ne suis pas du genre à m'affoler, après le chikungunya... La grippe A, c'est un sujet de conversation sur l'île, mais ça passera. Je pense que ça se calmera d'ici un mois, maximum ».

Avec la fin de l'hiver et le redoux printaniers, le virus devrait effectivement se ralentir, comme c'est déjà la tendance dans d'autres pays de l'hémisphère Sud. En attendant, la vie continue à La Réunion.


Julien Kaufmann