Une professeur des écoles à la veille de la rentrée : « Grippe A ou pas, je fais toujours attention à l'hygiène de mes élèves ! »
1 septembre 2009 - 16:39 - 3 commentaires
A la veille de la rentrée, plus que les réformes de l'éducation ou les suppressions de postes, la grippe A (H1N1) et ses mesures préventives occupent l'actualité scolaire. Rencontre avec Anne-Sophie Chambon, professeur des écoles à Lyon, qui nous explique sa position sur le sujet.
C'est la fin des vacances. L'heure pour les écoliers, collégiens et
lycéens de retrouver leurs salles de classe avec, peut être, un invité
surprise : la grippe A (H1N1). L'artillerie lourde de la prévention a
été déployée, mais, à la veille de la rentrée, nul ne peut prédire
l'évolution de la situation et l'efficacité des mesures mises en place
par l'Education nationale. Anne-Sophie Chambon est professeur des
écoles dans une classe de maternelle à Lyon, par téléphone, elle nous
explique sa position.
Quel budget pour les mesures d'action ?
« Pour l'instant je n'ai pas encore eu de document de l'Education
nationale, ni par courrier, ni par mail. J'ai une pré-rentrée demain
(aujourd'hui) donc j'en apprendrai plus à ce moment là ». Elle s'est
tout de même informée sur les mesures mises en place par le ministre
Luc Chatel, notamment sur les consignes d'hygiène, mais elle s'interroge
: « C'est l'aspect pratico-pratique de ces mesures qui va poser
problème à mon avis. Faire en sorte que les enfants se lavent beaucoup
plus les mains, d'accord, mais il faudra acheter des savons en
conséquences. Au lieu de changer les serviettes qu'ils emploient pour
se laver les mains toutes les semaines, il faudrait les changer tous
les jours. Tout ça va demander un budget, du matériel... ».
L'école doit rester un lieu de paix
Il
est vrai que le gouvernement insiste particulièrement sur l'importance
de l'hygiène, du lavage de mains pour limiter la diffusion du virus.
Cette réputation de peuple plus "sale" nous collerait-elle toujours Ã
la peau ? C'est une évidence pourtant. Anne-Sophie Chambon le rappelle
à juste titre : « je fais attention à l'hygiène de mes élèves tous les
ans ! Qu'il y ait, ou pas, la grippe A, j'essaye d'apprendre ces règles
à chacune de mes classe ». Elle fera malgré tout un effort
supplémentaire cette année. « Forcément je vais en parler un peu plus
que les autres années. On ne peut pas complètement éviter le sujet de
la grippe A mais il ne faut pas en rajouter. Surtout avec de jeunes
enfants. L'école doit rester un lieu de paix, sans danger ».
3 cas, on ferme
Difficile
de rendre les écoles hérmétiques au virus pour autant. Avec l'automne,
si l'on se fie aux annonces de la communauté scientifique et du
gouvernement, la professeur des écoles aura probablement affaire à un
enfant atteint de la grippe A. Dans ce cas, que faire : le renvoyer
chez lui, fermer l'école ? La limite des 3 cas avérés, dans une classe,
lors de la même semaine, instaurée par Luc Chatel n'est pas si limpide.
« Moi, je ne suis quand même pas là pour renvoyer des élèves chez eux !
Je ne suis pas médecin non plus. Comment pourrait-on porter un
diagnostic, faire la différence entre les symptômes d'une grippe
classique et ceux de la grippe A ? Il faut compter aussi sur
l'implication des parents. Ça arrive que des parents mettent leur
enfant à l'école alors qu'ils savent très bien qu'il est malade ».
Interrogée sur son sentiment, au début de cette année qui pourrait être
mouvementée, Anne-Sophie, philosophe, répond et conclue : « Vous savez, les
professeurs sont quand même habitués au situation "de crise". Il y a
toujours des imprévus, un remplacement par exemple. Il faut savoir
sortir de son quotidien ! Cette année encore, je vais surtout chercher
à réussir une bonne année scolaire avec ma classe, la grippe A n'est
pas vraiment ma priorité ».
Julien Kaufmann







Commentaires
Au collège que mes enfants fréquentaient il n'y avait jamais de savon ni de papier toilette dans les toilettes et a en croire le forum ici http://forum.doctissimo.fr/vieprati... c'est un problème généralisé.......
et aussi un rapport ici "Hygiène à l'école :
autour des sanitaires, le tabou" http://www.inpes.sante.fr/slh/artic...
J'ajoute une information que la plupart des français ignorent : contrairement à la quasi-totalité des salariés français, les professeurs des écoles ne bénéficient absolument pas de la médecine du travail.
Leur employeur ne les soumet à aucune une visite médicale obligatoire régulière, et ils n'ont pas de dossier médical professionnel, alors même qu'ils sont en première ligne lors des épidémies et pandémies...