"Mon mari et moi travaillons tous les deux, donc c'est soit le samedi soit le dimanche qu'on peut se libérer sans prendre un jour de congé", renchérit Tina Le Bouhart, mère d'Anna, 4 ans, et de Tom, 21 mois. Même enthousiasme du côté de Kamel Mouraim qui s'acquitte de cette tâche pour protéger "son petit bébé d'un mois": "c'est super pratique, les horaires d'ouverture des centres étaient jusqu'ici assez limités", dit-il.

C'est aussi l'occasion de venir en famille, "tous ensemble", sourit Rachel Ghibaudo, entourée de son époux Bruno et de leurs deux enfants, Adeline et Enzo, récompensé de sa bravoure par un petit livre.

Une vingtaine de lève-tôt, principalement des retraités, sont arrivés avant même l'ouverture à 08H00, par crainte des longues files d'attente. Mais finalement tout s'enchaîne très vite: après avoir rempli le questionnaire médical dans une première salle, les candidats à la vaccination sont reçus par un "médecin prescripteur" qui décide du type de vaccin à administrer, puis direction un des cinq "box" de vaccination.

"Il n'y a jamais personne contraint de patienter sur le trottoir", assure Max Garans, responsable de ce centre dont la capacité maximale est de 4.000 personnes par jour, soit bien au-delà des 480 accueillies samedi. Outre douze personnes chargées des tâches administratives, quatre infirmières et autant de médecins, dont des internes, s'activent dans les locaux, situés dans un centre des congrès au coeur de Marseille, et des renforts peuvent être rapidement mobilisés si nécessaire, précise-t-il.

A quelques pas de là, le personnel prodigue ses conseils: "Tendez le bras, ne regardez pas et voilà, c'est fini, vous n'avez plus d'injection à faire". Une organisation efficace saluée par les intéressés: Pierre Collomp ressort après quelques minutes à peine, visiblement soulagé. Et pour cause: il "a été refoulé deux fois d'un centre où il y avait trop de monde", raconte-t-il. Dans les autres centres, "c'était l'horreur, les gens se battaient pour se faire piquer", confirme Véronique de Tessi, venue avec son conjoint. "Je prêche la bonne parole, j'ai convaincu toute ma famille!", lance-t-elle.

Mais tous ne sont pas aussi motivés. Pierre confie avoir eu "des craintes au départ". "Les gens nous font un résumé de ce qui se lit dans la presse: est-ce que le vaccin est vraiment dangereux, se demandent-ils", rapporte le docteur Patrick Benner qui se charge de "les rassurer".

Depuis le lancement de la campagne le 12 novembre, plus de 33.000 personnes ont été vaccinées dans le département des Bouches-du-Rhône, selon la préfecture, avec une nette accélération: 4.200 candidats ont ainsi été recensés vendredi, alors que moins d'une dizaine se pressaient dans chacun des centres au premier jour.

AFP