Cette décision a pris la forme d'un arrêté du ministère de la Santé, publié vendredi dernier au Journal Officiel. Le texte indique qu'un kit comprenant un traitement antiviral et une boîte de masques anti-projections issus du stock national sera délivré gratuitement sur prescription médicale par les officines de pharmacie". Cette délivrance "est limitée à un kit par personnes et par ordonnance". 


Le dispositif sera mis en place vers la mi-décembre. Un délai que le ministère de la Santé explique par la nécessité "de positionner ce stock dans les 22.000 officines pharmaceutiques et d'informer les professionnels de santé concernés des nouvelles modalités de prescription, ce qui prendra quelques jours".  Le JO précise enfin que cet arrêté est une "mesure d'urgence, adaptée à la protection de la population contre la menace sanitaire grave que constitue le virus".


Cet annonce était en tout cas attendue, le gouvernement ayant déjà indiqué que le Tamiflu serait gratuit en cas de flambée de l'épidémie de grippe A (H1N1). D'autant que de nombreux experts s'étaient également prononcés en faveur d'une généralisation de l'usage des antiviraux. Le Dr Jean Marie Cohen, coordinateur du réseau national des Grog, avait rappelé un bilan comparatif publié dans une revue spécialisée américaine, faisant apparaître qu'une mise à disposition "très large, pour tous les malades grippés" des antiviraux au Chili avait entraîné une mortalité "moins forte" qu'en Argentine où les antiviraux étaient réservés aux cas graves, "un scénario à la française".


Une fois les antiviraux distribués largement à la population argentine, "la mortalité des femmes enceintes a été divisée par trois", soulignait-il, estimant qu'"il serait peut-être urgent en France de songer à utiliser les stocks pas encore distribués".


Catherine Weil-Olivier, professeur de pédiatrie à l'Université Paris 7 et membre du Comité de lutte contre la grippe, avait quant à elle critiqué l'usage "très conservateur" des antiviraux.


En septembre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'était déclarée contre un usage des antiviraux à titre préventif, en cas d'exposition à une personne contaminée par exemple, pour éviter toute résistance.