Masques et Tamiflu dans un kit distribué bientôt gratuitement dans les pharmacies
7 décembre 2009 - 12:40 - aucun commentaire
Tamilfu et Relenza, les deux principaux traitements antiviraux de lutte contre la grippe A (H1N1) pourront bientôt être distribués gratuitement dans les officines, sur simple prescription médicale. Jusqu'à présent, ils n'étaient administrés qu'aux patients présentant des formes graves de la grippe A, mais leur généralisation pourrait avoir des effets bénéfiques sur la pandémie, d'après des constatations faites en Amérique du Sud.
Cette décision a pris la forme d'un arrêté du ministère de la Santé, publié vendredi dernier au Journal Officiel. Le texte indique qu'un kit comprenant un traitement antiviral et une boîte de masques anti-projections issus du stock national sera délivré gratuitement sur prescription médicale par les officines de pharmacie". Cette délivrance "est limitée à un kit par personnes et par ordonnance".
Le dispositif sera mis en place vers la mi-décembre. Un délai que le ministère de la Santé explique par la nécessité "de positionner ce stock dans les 22.000 officines pharmaceutiques et d'informer les professionnels de santé concernés des nouvelles modalités de prescription, ce qui prendra quelques jours". Le JO précise enfin que cet arrêté est une "mesure d'urgence, adaptée à la protection de la population contre la menace sanitaire grave que constitue le virus".
Cet annonce était en tout cas attendue, le gouvernement ayant déjà indiqué que le Tamiflu serait gratuit en cas de flambée de l'épidémie de grippe A (H1N1). D'autant que de nombreux experts s'étaient également prononcés en faveur d'une généralisation de l'usage des antiviraux. Le Dr Jean Marie Cohen, coordinateur du réseau national des Grog, avait rappelé un bilan comparatif publié dans une revue spécialisée américaine, faisant apparaître qu'une mise à disposition "très large, pour tous les malades grippés" des antiviraux au Chili avait entraîné une mortalité "moins forte" qu'en Argentine où les antiviraux étaient réservés aux cas graves, "un scénario à la française".
Une fois les antiviraux distribués largement à la
population argentine, "la mortalité des femmes enceintes a été divisée
par trois", soulignait-il, estimant qu'"il serait peut-être urgent en
France de songer à utiliser les stocks pas encore distribués".
Catherine
Weil-Olivier, professeur de pédiatrie à l'Université Paris 7 et membre
du Comité de lutte contre la grippe, avait quant à elle critiqué
l'usage "très conservateur" des antiviraux.
En septembre,
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'était déclarée contre un
usage des antiviraux à titre préventif, en cas d'exposition à une
personne contaminée par exemple, pour éviter toute résistance.






