« Je viens de la Californie »

Jeune actif plein de projets, nous rencontrons Ty, afro-américain de 28 ans. Entre les voyages organisés et des projets d’implantation de restaurants américains sur le vieux continent, il a une opinion précise sur la pandémie de grippe A(H1N1).

« Je vois surtout le coté français du problème. Ici, on est plus épargné qu’en Californie ou au Texas, je connaissais une personne qui est décédée d’ailleurs ». 

« Je suis depuis plus d’un an à Paris, donc je ne me rends pas vraiment compte de l’ampleur que ça a pris chez moi. Aux Etats-Unis, surtout en Californien j’ai l’impression que les gens connaissent plus de monde qu’en France. Ce n’est pas rare d’entendre qu’une personne que tu connais est morte chez nous ».

Il est vrai que le nouveau monde est la zone la plus touchée par cette pandémie. L’épicentre du virus, ainsi que le patient zéro, auraient été découverts dans la région frontalière entre le Mexique et les Etats-Unis.


Etats-Unis et Mexique : deux systèmes différents.

« Connaissant bien le Mexique, je suis sûr qu’il y a eu plus de morts, mais qu'on ne s'en n'est pas encore rendu compte. Les métiers de la santé ne communiquent pas aussi bien qu’aux Etats-Unis. Déjà qu’on est pas très bien placés dans ce domaine » ! Il ne s’inquiète cependant pas pour sa famille : « ce sont des gens forts ».  Cependant la mort d’une personne qu’il connaissait, ne serait-ce que de vue l’a fait réfléchir. « C’était une personne qui travaillait dans le tourisme comme moi, mais entre San Diego (Etats-Unis) et Tijuana (Mexique). Elle faisait plusieurs heures de car par jour, c'est là qu'elle a dû attraper le virus ».

« Le Mexique est connu pour les soins et médicaments bon marché, pas pour sa proximité avec la population. Je suis moi-même allé acheter des médicaments à Tijuana il y a deux ans. J’ai payé le tiers de ce qu’on m’aurait demandé chez moi »

« La France, c’est la santé »

« Tu sais dans l’opinion des gens, tu as des choses associées à un pays. Vous devez penser à un McDonald's, à l’american-dream et aux écarts économiques entre les populations quand vous voyez un américain. Je peux t’assurer que pour la plupart de mes amis et de ma famille une des idées qui vient à l’esprit avec la France, c’est la santé ». C’est gentil Ty, mais outre tous ces compliments tu ne vois pas de point négatif ? « C’est vrai que quand l’OMS vous dit quelque chose, vous le faites. Chez nous, ils sont connus pour être alarmistes ».

 

Propos recueillis et traduits par Pierre Baudis