Le plan de continuité d'activité à l'épreuve de la grippe : interview d'un chef d'entreprise
4 septembre 2009 - 16:41 - aucun commentaire
Une personne atteinte d'une grippe A dans son entreprise, c'est
l'occasion de peaufiner son plan de continuité d'activité (PCA), et de
le mettre en pratique. Sans tomber dans la psychose, évidemment.
Bertrand Schacht, Directeur général d'une entreprise du secteur
industriel, en a fait l'expérience. Explications.
En début de semaine dernière, un des employés de l'entreprise James Walker France, située à Lyon, manque à l'appel : la grippe. A ? « On ne sait pas s'il s'agit d'une grippe classique ou de la grippe A. Les médecins ne font plus le test de manière systématique maintenant », explique Bertrand Schacht. Loin de céder à la panique, il s'en remet tout de même au principe de précaution. « Nous étions en train de préparer notre PCA quand nous avons eu connaissance de ce cas de grippe. Disons, qu'il a fait accélérer le processus de mise en œuvre ».
L'importance d'une bonne communication
Outre l'achat du matériel de protection - masques, gels antibactérien - ou la préparation au télétravail, le PCA imaginé par M. Schacht accorde une grande importance à la communication. « C'est très important que toutes les informations, même celles qui partent du plus bas, parviennent en haut de la hiérarchie. Cela nous permet de gérer l'absentéisme direct, si un employé est malade, mais aussi indirect, si son enfant est malade. C'est également important de bien communiquer là dessus pour rassurer, pour montrer que l'on ne prend pas ce problème à la légère ».
Se saluer, mais de loin !
Si l'ambiance dans l'entreprise reste bonne, le PCA implique tout de même des changements dans les comportements et les méthodes de travail. « Je vois des personnes se laver les mains plus fréquemment », explique Bertrand Schacht. Il conseille également aux salariés d'éviter les contacts en se saluant le matin, même si « ce n'est pas toujours évident d'y penser. On a le réflexe ». Une réunion stratégique, où tous les salariés de l'entreprise devaient être réunis, a également fait les frais du PCA. Il limite les contacts. A la place, vidéoconférences et groupes de travail plus réduits. Rien d'insurmontable en somme. « C'est juste que, récemment, nous avons réorganisé l'entreprise en la centralisant sur Lyon. Il faut donc être plus vigilant, si la grippe se déclarait, elle se développerait plus rapidement ».
Le devoir de protection
« C’est quelque chose à prendre au sérieux. Surtout pour moi : en tant que Directeur général, j’ai la responsabilité de veiller à la sécurité des salariés dans l’entreprise. D’ailleurs si je ne le faisais pas, ils seraient en mesure de faire jouer leur droit de retrait ».
Situation maîtrisée. L’entreprise James Walker France semble bien vivre sous le régime du PCA. « On en rigole, l’ambiance est très bonne », souligne Bertrand Schacht. Et l’employé grippé reviendra travailler lundi, rétabli.
Julien Kaufmann






