Temoignage Grippe A : intermittente du spectacle
4 août 2009 - 16:06 - aucun commentaire
Sandrine, trentenaire et intermittente du spectacle nous raconte. Entre grippe mexicaine et bonnet péruvien.
Sandrine Mainguy, 34 ans, intermittente du spectacle nous explique la facilité de transmission d’un virus sur un plateau :
« Je travaille régulièrement sur des tournages de films, téléfilms et il m’arrive depuis quelques mois de me demander comment on ferait si la pandémie s’étendait de plus en plus (…) On parle de fermer les écoles, certaines entreprises, suspendre les rencontres sportives »
Préoccupée pour son lieu de travail, mais aussi pour la perspective d’un nouvel emploi. 
« La production cinématographique risque elle aussi d’en prendre un coup. Sachant qu’un tournage de long ou de court métrage regroupe entre 10 à 60 personnes, qui parfois restent ensemble 24h/24 pendant 1 semaine à 3 mois ou plus. Sachant aussi qu’il arrive que l’on change d’employeur tous les 2 jours ou toutes les semaines. »
Ce sont donc des systèmes de travail entiers qui pourraient être chamboulés. Plus commun, pensons aux commerces, à la restauration. Comment imposer un masque dans une salle ou des personnes entrent, sortent et déjeunent en rigolant ? Sandrine soulève le problème d’elle-même :
«Comment peut-on lutter contre l’épidémie ? Se laver les mains régulièrement : ok, mettre des masques : impossible, la communication entre les membres de l’équipe serait très difficile et ne parlons même pas du jeu des comédiens »
Le prochain rôle de Vincent Cassel derrière un FFP2 ? Mauvais délire pour les productions, et surtout les spectateurs. Mais c’est en cas de contamination qu’on peut passer du fleur bleue au film d’horreur.
« Rester en quarantaine après chaque tournage : impossible. A noter par exemple qu’il arrive parfois sur des projets avec peu d’argent qu’une bouteille d’eau sans verre en plastique soit donnée et passe dans les bouches de 10 personnes. L’arrivée de l’automne menace aussi nos métiers.»
Une idée de scénario ? Elle est la bienvenue. En tout cas, un programme pourrait tirer son épingle du jeu.
« Une série comme Plus belle la vie pourrait être la seule à survivre en créant des épisodes collés à l’actualité pandémique. »
Propos recueillis par Pierre Baudis






