C'est en surfant sur le net que Jérémie avait appris que les femmes enceintes pouvaient souffrir de complications si elle attrapaient le virus de la grippe A. « Sur des sites de presses ou ceux de gouvernements étrangers », précise-t-il. Du côté des institutions officielles françaises : rien sur le sujet. « Du coup on se pose des questions. En plus, cette année elle est remplaçante. Elle ira d'écoles en écoles pour palier aux absences des instituteurs, mais ça multiplie aussi les occasions de rentrer en contact avec la grippe ».


Elles devraient être vaccinées en priorité

« On avait un rendez-vous à l'hôpital il y a quelques jours : même les infirmières ne sont pas au courant s'il faut prendre des précautions particulières ! On aurait voulu être rassuré mais là on reste dans le flou ». Les femmes enceintes, généralement interdites de prises de médicaments, pourront-elles prendre du Tamiflu par exemple ? Quid du vaccin ? En se pliant à une certaine forme de logique, la vaccination chez les femmes enceintes ne devrait pas poser de problème puisqu'elles ont été identifiés par l'OMS et les experts sanitaires européens comme un groupe prioritaire.


L'Education nationale n'avait pas prévu ça !

Professionnellement aussi, l'inquiétude du couple est visible. « On a essayé de se renseigner, pour savoir si des aménagements étaient prévus pour des gens dans notre situation. On a envoyé un courrier à l'Education nationale mais leur lettre de retour devait être automatisée car elle ne répondait pas du tout à nos questions... C'est vrai qu'il faut aussi être réaliste, des cas comme celui de ma femme, à la fois institutrice et enceinte, ne doivent pas être nombreux. C'est compréhensible qu'il n'y ait pas encore de réponses adaptées à cette situation ». Du coup, hors de questions pour eux qu'elle reprenne le travail mercredi prochain. « On va voir un médecin pour qu'il lui fasse un arrêt de travail. Après, on verra comment la situation évolue ».


Pas d'écoles en attendant l'évolution de la situation

« J'ai aussi entendu parler, par les travaux d'un avocat, du droit de retrait des employés. Si vraiment il faut en arriver là, on regardera de plus près la façon de l'exercer ». Le droit de retrait est la possibilité, offerte à tous les employés, de refuser de se rendre sur le lieu de travail s'il juge que leur employeur ne garantit pas leur sécurité. Une situation sérieuse de pandémie permettrait probablement de faire jouer ce droit. A condition que l'employeur n'ait pas mis de plan de continuité d'activité en place, censé garantir justement la sécurité des personnes employés.

« En réalité c'est pas vraiment la grippe A en elle même qui nous fait peur. Simplement, avec le fait qu'elle soit enceinte, on ne veut prendre aucun risque. D'ailleurs, moi-même il faudra que je fasse gaffe à ne pas attraper cette grippe et si la situation l'impose, je me mettrais en télétravail ».


J.K.