Les très petites entreprises sont-elles prêtes pour le grippe A ? Interview
4 août 2009 - 14:31 - aucun commentaire
Entretien avec Florian Hamzij, patron d’un structure de création internet. Il fait partie de la majorité des entreprises : les PME. Focus sur ceux qui n’ont pas encore été informés.
« Non », il ne sait pas ce qu’est le Plan de continuité active (PCA), et pour cause, il n’a pas encore été informé par le gouvernement. Roselyne Bachelot, accompagnée dans sa réflexion par François Fillon et Brice Hortefeux ont fait l’entonnoir. En mai dernier, les plus grandes entreprises de France sont prévenues par la Direction générale du travail et le ministère de la santé du danger potentiel de la pandémie. C’était au tour des structures de plus de 50 personnes la semaine dernière, les TPE (très petites entreprises) sont prévues pour courant septembre. Florian de Dediservices et ses « trois employés » ne préoccupent pas les instances de santé pour le moment. Personnellement « un peu inquiet » quant au virus A(H1N1) car « beaucoup de gens sont touchés » cela l’amène à réfléchir en tant qu’employeur. « Un peu inquiet aussi, parce que je pense que ça va faire pas mal d’arrêts maladie ». Il pense d’ailleurs qu’il « pourrait en avoir. Donc du coup c’est vrai que ça peut être super gênant ».
Plus que ça, il est possible que le problème devienne bloquant. Le ministère du travail a publié un document au temps de la grippe aviaire (H5N1), prenant un supermarché employant 30 personnes pour référent. Jusqu’à 50% du personnel absent, l’entreprise peut encore vivoter, dès la barre des 70 % dépassée, l’activité devient impossible. Avec 15 employés présents sur 30 vous parvenez difficilement à tenir votre commerce, avec 10 sur trente autant rester chez soi !
Qu’en pense notre petit patron ? Avec humour, Florian « pense que ça dépend. Heu… quand les trois sont plus là on va dire.» Dans des locaux souvent exigus, la PME est un merveilleux moyen de faire sauter la distance sanitaire de deux mètres. En revanche, les solutions proposées par le ministère sont là sans avoir été sollicitées. Quand on lui parle de la polyvalence de ses employés, il estime que chacun peut remplacer le poste d’un autre en cas de maladie.
Cependant c’est pour la prévention que les « petites boites » sont mal loties. Masques FFP2 chers, contacts répétés avec le client (restauration rapide, vente) sont autant de paramètres ou aucun risk-manager n’intervient. « Yes, on a diffusé des fiches explicatives sur qu’est-ce que la grippe A à tous les employés. On a mis des infos sur les masques, sur comment se laver les mains ». Structure modèle ? « non », il n’a pas constitué de stocks de masques « pas encore » ajoute-il. Qui a sensibilisé Florian aux risques liés à la grippe dite porcine ? « Ma mutuelle » répond il, mais aucune nouvelle des pouvoirs publics. Inquiet de ses propres réponses, il demande « c’est bon, je fais partie de la France moyenne ?»
Propos recueillis par Pierre Baudis






