Plus de la moitié des médecins français prêts à se faire vacciner contre la grippe A
22 septembre 2009 - 15:01 - aucun commentaire
Le vaccin peine à convaincre. D'après une étude réalisée par la Coordination médicale hospitalière (CMH), le syndicat des médecins
généralistes (MG France) et le Syndicat National des médecins des
hôpitaux publics (Snam HP), seuls 55% des médecins sont prêts à se faire vacciner "dans l'état actuel des connaissances sur la maladie et sur le vaccin". Près d'1/3 des médecins s'y opposent, alors que 16% d'entre eux ne se prononcent pas.
Ce sondage, réalisé sur 4.027 médecins français, issus des milieux hospitalier et libéral, entre le 6 et le 12 septembre, prouve bien qu'une réticence existe vis à vis du vaccin. Le personnel de santé fait pourtant partie des groupes prioritaires désignés par le Haut conseil de la Santé publique.
Les infirmières, comme les médecins
Une autre étude, réalisée par l'IFOP pour "Le quotidien du médecin", fait apparaître une proportion légèrement inférieure de médecins enclins à se faire vacciner : seuls 52% des médecins seraient dans ce cas (62% des généralistes, 37% des spécialistes).
Et les infirmières de se mettre au diapason des médecins. Une consultation effectuée par le syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), auprès de 4.107 infirmières, montre que 26% d'entre-elles souhaitent se faire vacciner alors qu'elles sont 65% à déclarer qu'elles refuseront la vaccination.
La France, comme les autres pays
Sur cette question, la France ne se démarque pas vraiment du reste du monde. Une étude, publiée cet été au Royaume-Uni dans le "Nursing Times", révélait que seul le tiers des infirmières britanniques accepteraient la vaccination. En Chine, une équipe de l'Université de Hong-Kong avait demandé à 2.255 personnes travaillant dans les hôpitaux de la ville s'ils accepteraient de se faire vacciner contre la grippe H1N1. Là encore, la moitié des sondés seulement répondait par l'affirmative.
"Je refuse de servir de cobaye"
Un facteur explicatif de ce phénomène se retrouve dans le discours des infirmières interrogées par le SNPI.
> "Je suis infirmière et je refuse de me faire vacciner contre le virus de
la grippe H1N1. En l’absence de connaissance sur les effets secondaires
de ce vaccin, je refuse de servir de "cobaye".
> "Cadre infirmier, je ne me suis jamais fait vacciner contre la grippe
saisonnière et ne souhaite pas me faire vacciner contre H1N1, estimant
que le rapport bénéfice/risque n’est pas clair".
La rapidité avec laquelle ce vaccin a été fabriqué est décriée, surtout si on la compare avec le temps de développement habituellement constaté pour d'autres vaccins. Les essais cliniques sont également jugés insuffisants. Roselyne Bachelot se défend pourtant d'accorder des autorisations de mise sur le marche (AMM) à la va-vite : "Nous avons des vaccins parfaitement testés, tant au niveau de l'efficacité que de l'innocuité", assénait-elle sur le plateau du "Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro.
La crainte des adjuvants
Mais le doute persiste. Ce ne sont pas les rumeurs qui courent autour des adjuvants qui pourraient inverser la tendance. Ces composants, rajoutés au vaccin pour en accroître l'efficacité, sont en effet pointés du doigt. Sur les enfants et les femmes enceintes, ils pourraient causer des effets secondaires nocifs. Ils sont d'ailleurs interdits aux États-Unis. Invitée à réagir sur la question, la ministre de la santé a déclaré que des vaccins sans adjuvants seraient inoculés aux femmes enceintes et aux personnes jeunes.
Cette déclaration pourrait bien apporter de l'eau au moulin des anti-vaccins. Il est néanmoins logique que Roselyne Bachelot prenne des précautions, tant le sujet de la vaccination est sensible.
Julien Kaufmann






