Vaccins : et la polémique continue de gonfler...
2 novembre 2009 - 10:40 - aucun commentaire
Publics, mais incomplets. Les contrats d'achats des vaccins, dévoilés sous la pression d'un article du Point et de celle du rapporteur spécial du budget de la Sécurité sociale, Gérard Bapte, fournissent certaines informations, mais en cachent d'autres. A la demande des fabricants, les prix d'achats des vaccins ont été rayés, tout comme le passage sur la pharmacovigilance - les effets secondaires - dans le contrat de GSK.
Gérard Bapte, qui a finalement pu consulter ces documents vendredi 30 octobre, se montrait plutôt satisfait. "J'ai été reçu ce matin à l'Eprus (l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires). J'ai pu y consulter les contrats et j'ai eu toutes les réponses à toutes mes questions. Ces réponses m'ont semblé satisfaisantes", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "La façon dont l'Eprus a répondu à la commande de l'Etat me paraît régulière. L'appel d'offres paraît régulier. En fait, les quatre laboratoires choisis sont les quatre seuls à avoir répondu", a indiqué M.Bapte, député de Haute-Garonne.
Dans ce cas, fin de la polémique ? Selon Gérard Bapte, la seule source de problèmes viendrait de la communication gouvernementale, défectueuse à ses yeux. "Je ne comprends pas que la ministre, qui est accusée par certains
d'avoir trop commandé, ne communique pas là -dessus".
Et les documents biaisés, ne serait-il pas une autre source de problèmes ? D'une part, M.Bapte n'a pas pu avoir accès à tous les documents : le contrat passé avec Baxter est secret, préservé par une clause de confidentialité signé au moment de l'accord. Coïncidence ou pas, le prix de vente du laboratoire américain est le plus élevé (10 euros par dose, contre 6,25 euros avec Sanofi).
L'enquête du Point révèle également que "les informations couvertes par le secret industriel et commercial ont
été occultées". Autrement dit, toutes les conditions financières des accords passés avec Sanofi, auquel la France a acheté 28 millions de doses, GSK (50 millions) et Novartis (16 millions), ont été effacées avant la révélation des contrats au public. Le prix d'achat unitaire des vaccins et le coût global de la commande avaient été annoncés par Roselyne Bachelot lors d'une conférence de presse.
Des informations - explosives - ces contrats en contiennent tout de même. On apprend par exemple que le Suisse Novartis n'encourra aucune pénalité de retard s'il livre ses vaccins en dehors du calendrier établi par le plan de vaccination, à cause "des difficultés rencontrées dans la production ou lors des essais cliniques". On est également surpris de ne pas trouver la liste des effets secondaires que pourrait provoquer le vaccin Pandemrix de GSK. Le contrat passé avec l'industriel britannique nous informe en effet de l'existence d'une "liste rouge", tenue secrète, qui contient tout les détails sur la pharmacovigilance.
Malheureusement pour le gouvernement, qui cherche à promouvoir ses vaccins par tous les moyens, ce manque flagrant de transparence ne pourra qu'alimenter les rumeurs fantaisistes et surtout accroître la méfiance des citoyens les plus raisonnées.
J.K.






