Pour justifier son plan de vaccination concentré dans des centres crées sur-mesure et l'absence des médecins généralistes du dispositif, Roselyne Bachelot avait invoqué des contraintes logistiques, notamment la présentation du vaccin en flacon qui rend sa conservation plus délicate. Dimanche, MG France publiait pourtant un nouvel appel à la mise en place de la vaccination dans les cabinets médicaux, rendue possible par l'arrivée de vaccins monodoses.

Les quelques monodoses sont déjà réservés

"Alors que les files d'attentes s'allongent devant les centres de vaccination dédiés, 3 millions de vaccins conditionnés sous forme de monodose ont été livrés à l'Eprus (l'organisme qui gère les stocks et les commandes, ndlr) il y a quelques jours", affirme le syndicat. Problème, la ministre de la Santé a déclaré ce matin qu'elle ne disposait que de 250.000 vaccins monodoses sans adjuvant et 500.000 avec adjuvant, et qui sont en outre "déjà reservés" pour les équipes mobiles qui doivent notamment vacciner les personnes les plus précaires comme les sans-abris.


D'où MG France tient-il l'existence de ces 3 millions de vaccins monodoses, l'histoire ne le précise pas. Cependant, ce "coup de gueule" des médecins français n'est pas passé inaperçu, attirant même les commentaires les plus inattendus, comme ceux de François Chérèque, le secrétaire national de le CFDT. Bien qu'il soit favorable à l'entrée des médecins dans la campagne de vaccination, il juge leur colère "hypocrite" et sujette à des "visées mercantiles". "On nous dit, 'c'est huit euros la vaccination', mais on se moque de nous parce que ce sera 22+8, ce sera trente euros", a dit François Chérèque. Pour l'instant la vaccination est gratuite et ce point de "détail" n'a pas encore été abordé par le syndicat MG France.

"Désolant et méprisant"

A leur tour, les critiques acerbes adressées par M. Chérèque, ont fait réagir Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Il s'agit d'un commentaire "désolant et méprisant". "François Chérèque dit tout haut ce que le gouvernement, et en particulier la ministre de la Santé, pensent tout bas", a-t-il estimé, interrogé sur France Info. "Après avoir évoqué un certain nombre de prétextes pour interdire la vaccination dans les cabinets médicaux, maintenant voilà que le prétexte argent arrive. "Que je sache, les médecins et les infirmiers qui travaillent déjà dans les centres de vaccination sont bien payés, et qui les paye? Ce sont les caisses d'assurance maladie directement. Nous ne demandons ni plus ni moins qu'il en soit fait de même dans nos cabinets", a-t-il finalement conclu.


La discussion semble donc au point mort, d'autant que sans les vaccins monodoses, le problème logistique invoqué par la ministre de la Santé tient toujours et empêche la situation d'évoluer.


J.K.