Les vaccins disponibles plus rapidement, c'est possible
4 août 2009 - 16:14 - aucun commentaire
Pour tenir les délais que risque d'imposer la pandémie de grippe A (H1N1) à la rentrée, les groupes pharmaceutiques ont un As dans leur manche : le vaccin mock-up ou maquette. Un vaccin déjà existant, réadapté aux conditions actuelles, et le tour est (presque) joué.
En recevant les commandes de vaccins de la part des gouvernements, les laboratoires pharmaceutiques ont entamé une course contre la montre. La pandémie de grippe A (H1N1) devrait s’intensifier à la rentrée mais les vaccins, une fois élaborés, devront d'abord satisfaire aux exigences des agences sanitaires pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM).
Bien que raccourcie en période de pandémie, la procédure
peut être longue. Car l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de
santé (Afssaps) et son homologue à l’échelle européenne l’European medicines
agency (EMEA), ne laisseront pas sortir un produit destiné à protéger des
millions de personnes sans être assurés de son efficacité et de son innocuité.
Néanmoins pour accélérer le processus et disposer de vaccins
conformes aux attentes sanitaires dans les meilleurs délais, les laboratoires
pharmaceutiques ont un atout dans leur jeu. Plutôt que de créer un vaccin de
toute pièce, ils utilisent un vaccin dit mock-up ou vaccin maquette. Il s’agit
d’un vaccin préexistant dans lequel on change la souche du virus pour l’adapter
à une nouvelle situation.
Les vaccins créés quand sévissait la grippe aviaire font
aujourd’hui l’affaire. Dans un communiqué, l’EMEA résume la situation :
« dès que la souche H1N1 de la grippe porcine a été identifiée – au
mois de juin – elle a remplacée la souche H5N1 de la grippe aviaire ».
Grâce à cette technique, 4 mock-up, fabriqués par GSK, Novartis et Baxter, ont
été approuvés par l’EMEA. L’agence s’est basée pour cela sur des donnés
enregistrées lors de l’épidémie de grippe aviaire. Rassurante, elle précise que
« des dizaines d’années d’expériences avec des grippes saisonnières indiquent
que le remplacement d’une souche par une autre ne change rien à la sécurité du
produit et à la protection offerte ».
Le nouveau vaccin est ensuite simplement réévalué par l’Afssaps
et l’EMEA. S’il satisfait ainsi à leurs exigences, sa mise en vente est
autorisée. Ou l’art de réduire des délais de façon radicale !
Julien Kaufmann






